«Mon jour de chance»: le pari de la légèreté…

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Le succès et le bonheur sont-ils tributaires du hasard? Le personnage central de la comédie Mon jour de chance croit que oui; il est convaincu que les dés sont jetés et que le monde se divise en deux groupes: ceux qui ont de la chance et ceux qui n’en n’ont pas.

Véritable pivot de cette pièce, Sébastien n’est pas satisfait de son sort. Il estime que sa déveine a commencé, dans sa jeunesse, lorsqu’il a joué aux dés avec des copains, dans le but de pouvoir séduire Caroline.

Alors que son ami François a roulé un six, ce qui lui a permis de conquérir cette jeune femme d’une famille fortunée, Sébastien, lui, a joué un quatre. Il a donc perdu et s’est retrouvé en couple avec Valérie. Des années plus tard, l’homme est devenu envieux, en plus d’avoir de la difficulté à gagner sa vie avec des projets qui ont du plomb dans l’aile.

Bien qu’un peu rabat-joie, cette mise en situation de Mon jour de chance se déroule rondement, dans la mise en scène rythmée de Michel Charette. Ce dernier a aussi adapté, avec François Chénier, cette pièce de Patrick Haudecœur et Gérald Sibleyras, qui a été mise en nomination comme meilleure comédie aux Molières 2025.

C’est donc au Québec que se déroule l’action de ce vaudeville où le héros aigri lance le dé, encore et encore, pour changer le cours de sa vie. Mais, les nouveaux scénarios dans lesquels il est entraîné lui permettront ils d’être plus heureux?

Il est où le bonheur?

Le rideau se lève sur un agréable décor de salon donnant sur un jardin qu’on entrevoit. C’est dans cette maison de campagne que cinq amis de longue date vivront une fin de semaine aux rebondissements plus ou moins inattendus.

Hugues Frenette tire bien son épingle du jeu dans le rôle ingrat du grincheux Sébastien; il a su faire rire l’assistance à maintes reprises, en ce jeudi soir de première.

Dans cette intrigue fantaisiste, un modeste effet de lumières clignotantes nous annonce les moments où le protagoniste s’apprête à lancer le dé, confiant de voir la chance tourner en sa faveur. Toutefois, le pauvre gars réalise rapidement que sa situation ne fait qu’empirer et il relance le dé, en espérant retrouver sa vie d’avant, avec Valérie.

Cependant, le hasard n’obéit pas à sa volonté et, d’un coup de dé à l’autre, les situations dans lesquelles il se retrouve laissent souvent perplexe, qu’il s’agisse de la scène où il réalise qu’il est cocu, ou de celle où il est tellement catastrophé de découvrir qu’il est en relation amoureuse avec un autre homme! Même en 2026, il semble que les bons vieux préjugés font toujours rire au théâtre d’été.

Quant à ses partenaires de scène, Charles-Alexandre Dubé, Élodie Grenier, Anne-Marie Binette et François Xavier-Dufour, ils ont tous tendance à surjouer, comme s’ils voulaient nous faire oublier le peu de substance de leur personnage.

Cela dit, c’est le temps des vacances et un large public aime bien s’esclaffer sans se casser la tête. Alors, cette comédie, somme toute traditionnelle, fera sûrement des heureux!

Mon jour de chance est à l’affiche au Théâtre Desjardins de LaSalle jusqu’au 11 juillet et il y reviendra pour 2 représentations les 28 et 29 août. Cette production des Agents Doubles sera aussi présentée à Gatineau, Saint-Hyacinthe et Saint-Jérôme, cet été, avant de partir en tournée à travers le Québec.

Photo d’accueil, de gauche à droite:

François-Xavier Dufour, Élodie Grenier, Charles-Alexandre Dubé, Anne-Marie Binette et Hugues Frenette. / Gracieuseté : Les Agents Doubles

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *