Pérusse symphonique: tordant et enchanteur!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

François Pérusse a su surprendre son public, mardi soir, à la Maison symphonique, où il a interprété la plupart des chansons phare de son répertoire, entrecoupées de tordants numéros typiques de son humour bon enfant. On le savait comique mais, avouons qu’il nous a étonné avec son savoir-faire en tant que chanteur. L’artiste, qui donnait le tout premier spectacle de sa carrière, a chanté avec un aplomb remarquable, accompagné par l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de l’enthousiaste Simon Rivard.

Breen LeBoeuf, Mara Tremblay, Marie-Pierre Arthur ainsi que les deux fils de l’humoriste et musicien sont aussi montés sur scène durant cette soirée irrésistible!

François Pérusse, avec Marie-Pierre Arthur et Mara Tremblay à la Maison symphonique

Celui qui a marqué la culture québécoise, dès le début des années 1990, avec ses capsules radiophoniques Les Deux minutes du peuple et ses Albums du peuple, est loin d’avoir perdu la main! Son spectacle s’ouvre d’ailleurs avec une nouvelle capsule audio désopilante, où l’on retrouve le personnage du «gars qui magasine». Il s’agit, en fait, d’un client qui hésite à acheter un billet pour Pérusse symphonique!

L’humoriste, dont la voix chantée ressemble parfois à celle d’Yvon Deschamps, entre ensuite en scène en interprétant un savoureux medley incluant: On déjeunera chez Greenberg, ainsi que Brouillard sur le cimetière, une inénarrable parodie de la chanson Hasta luego d’Hugues Aufray.

L’OSM se prête au jeu

Suivront: Assis sur mon tracteur, Grosse guédille et C’est encore dieu, toutes magnifiées par les orchestrations d’Hugo Bégin. D’ailleurs, l’une des clés du succès de ce concert, mis en scène par Julien Corriveau, est l’implication des musiciens de l’OSM.

François Pérusse s’adresse directement à certains d’entre eux et ils lui répondent sur un ton blagueur, avant de lancer des chansons aux arrangements inattendus, tels, un blues avec harpe, pour Woke up this morning. Quant au savoureux hymne pérussien, Le blé d’inde, il est accompagné à l’octobasse. Le Grand Orgue Pierre-Béique est aussi mis à contribution!

90 minutes sans temps mort

Mara Tremblay et Marie-Pierre Arthur enrichissent le tout de superbes harmonies vocales, en plus d’interpréter des voix féminines qu’on entend sur les Albums du peuple.

Ce feu roulant de jeux de mots, de turluteries et de moments où l’orchestre joue seul, bénéficie d’une sono exemplaire!

Un autre des atouts de ce spectacle est de nous permettre de voir François Pérusse, le musicien, à l’oeuvre. On sait depuis longtemps qu’il compose et joue lui-même les pièces musicales de son univers fantaisiste. Il a aussi été bassiste pour Luc De Larochellière et Jean Leloup, à leurs débuts.

Après toutes ces années, sa passion pour la musique est particulièrement belle à voir, lorsqu’il est rejoint sur scène par ses fils Frédéric à la basse et Jaco à la batterie. Papa Pérusse s’empresse d’ailleurs de préciser avec fierté qu’il n’a pas eu à insister pour que ses garçons s’intéressent à la musique québécoise.

Rayonnant, le sexagénaire savoure cette soirée inespérée: «J’ai travaillé seul pendant 36 ans avec un microphone, en jogging, et là, me voilà devant vous tous. C’est très émouvant!»

Pérusse, grand admirateur de Breen LeBoeuf, réalise un autre de ses rêves en invitant ce chanteur emblématique du groupe Offenbach à interpréter Mes blues passent pu dans’porte. Moment de grâce, suivi d’une ovation debout!

Le public, déjà comblé, a finalement pu se régaler de Snack-bar chez Raymond et Guy Y’a Un Bicycle Jaune, parodie de Me and Mrs. Jones.
François Pérusse et Breen LeBoeuf / Crédit Antoine Saito

Visiblement ému, François Pérusse est revenu sur scène pour nous dire: «C’était le premier spectacle de ma vie! Je n’arriverai pas à dormir cette nuit!»

Néanmoins, souhaitons-lui bon repos car il donnera trois autres représentations d’ici vendredi.

Pérusse symphonique: du Snack bar à l’OSM

À la Maison symphonique, du 17 au 20 février, à 20h.

*Crédit photo: Antoine Saito


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Commentaires

2 réponses à “Pérusse symphonique: tordant et enchanteur!”

  1. Avatar de Jean-Paul Coulombe
    Jean-Paul Coulombe

    Très bon compte-rendu d’un spectacle d’une originalité sans pareille.

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