Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
Il y avait de l’électricité dans l’air, mardi soir, à l’Olympia de Montréal, pour la grande première montréalaise de Sauvage de François Bellefeuille. Sept ans après le retentissant succès de son deuxième spectacle solo, Le plus fort au monde, que devient l’ex-médecin vétérinaire à l’orée de ses 50 ans? Il est toujours mordant, même s’il vocifère moins qu’avant !
Du cochon d’Inde au chat obèse, en passant par le Frigidaire intelligent et les cours de gymnastique avec Georges Saint-Pierre, l’humoriste nous revient muni de redoutables courts textes, où l’on passe du coq-à-l’âne avec un plaisir fou!

Celui qu’on a découvert à travers un personnage de scène colérique a changé. Il est toujours bourru, mais en partie assagi, sous ses cheveux blancs.
Fidèle à ses habitudes, Bellefeuille se moque d’abord de lui-même, en relatant que des gens le prennent pour le Doc Mailloux. «Faut que j’y ressemble en maudit parce qu’il est mort!»
Le comique qui est aussi père de deux jeunes enfants, révèle ses humiliantes visites à la garderie, où l’on croit volontiers qu’il est plutôt le grand-père de sa progéniture! L’homme à lunettes doit également composer avec des problèmes visuels croissants qui entraînent des situations à tout le moins loufoques…
Les humeurs de ce sympathique grincheux se reflètent à travers les couleurs changeantes d’une sorte d’étoile asymétrique qui constitue le décor de ce spectacle à la mise en scène minimaliste de Marie-Christine Lachance. Cette dernière co-signe, avec Bellefeuille et Olivier Thivierge, des textes souvent cyniques sur la bien-pensance caractéristique de notre époque.
Entre autres, le numéro sur le réfrigérateur intelligent est savoureux! Quant à l’atelier de communication non-violente, il est à la fois réaliste et désopilant! Par contre, on vole moins haut, lorsqu’il est question du bidet, puis du milieu du scoutisme.
Bellefeuille parle aussi de son manque de sommeil et d’une certaine fatigue qui l’habite depuis qu’il doit composer avec ses jeunes enfants.
Il admet, entre autres, qu’il ressent le besoin de s’asseoir, un peu plus d’une demi-heure après le début de son spectacle. En ce soir de première, il restera néanmoins debout du début à la fin de la représentation qui ne dépasse pas les 70 minutes, ce qui est tout de même un peu court!
On rit beaucoup durant Sauvage mais, pas au point de s’étouffer comme c’était souvent le cas dans Le plus fort au monde. Il n’en reste pas moins que le spectacle se termine avec une pièce d’anthologie consacrée à Xavier Dolan!
Bellefeuille raconte alors sa stupéfaction en regardant la mini-série La Nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé ! En plus d’avoir été dérouté par l’évènement traumatique qui est au cœur de cette œuvre basée sur une pièce de Michel Marc Bouchard, le comique admet qu’il a commencé le visionnement en se trompant d’épisode !
L’hurluberlu en conclut qu’il est normal pour lui de n’avoir rien compris, parce que Dolan, «c’t’un génie!» Avec ce récit tourné de main de maître, Bellefeuille démontre qu’il a du génie, lui aussi!

François Bellefeuille poursuit sa tournée à travers le Québec avec son spectacle Sauvage. Il sera de retour à l’Olympia de Montréal, le 4 octobre 2025.
Détails de la tournée, ICI.
*Photos fournies par le Groupe Phaneuf

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