Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal
La 4e édition de la Semaine du neuf: Festival musiques nouvelles accueillera des dizaines d’artistes d’un peu partout sur la planète, du 27 février au 15 mars, dans plusieurs salles de spectacle montréalaises.
Dès la soirée d’ouverture, le McGill Contemporary Music Ensemble partagera la scène avec Contrechamps, une formation suisse connue internationalement. On a aussi invité l’ensemble Nadar qui viendra de Belgique pour présenter un spectacle alliant musique, vidéo, costumes et mise en scène.
Le corps comme instrument
Sous la thématique Musique & Mouvement, on assistera, entre autres, à une collaboration entre la chorégraphe canado-polonaise Ula Sickle et l’ensemble bruxellois Ictus, dans un spectacle où la musique et la danse se fondent dans un geste collectif.
On découvrira, également, une création musico-chorégraphique issue d’une résidence du quatuor de saxophones québécois Quasar avec la Escuela Superior de Música y Danza de Monterrey, au Mexique.
Écouter et penser autrement

Pour sa part, Alexandra Templier, artiste vocale pluridisciplinaire, basée à Montréal, propose Le Murmure du vivant, un spectacle combinant la danse et la musique improvisée pour voix et électroacoustique.
En entrevue à BabillArt Montréal, cette exploratrice de la voix humaine résume le but ultime de son expérience immersive: «Il s’agit d’amener le public à écouter autrement et ultimement à penser autrement.»
Accompagnée sur scène par la musicienne Vanessa Massera, ainsi que quatre danseuses et un sonorisateur, Madame Templier souhaite éveiller les spectateurs à une transformation de leur perception du silence.
«On assimile spontanément le silence à l’absence totale de son, or une telle chose n’existe pas dans la nature. Tant qu’il y a du vivant, il y a du son.»
On a donc enregistré des sons qui se produisent, bien souvent sans qu’on s’en rende compte, durant des moments de silence, pour intégrer le tout à ce Murmure du vivant.
«Ça peut être, par exemple, des sons liés à la digestion. L’idée est qu’on s’intéresse à ce qui se dit dans le silence, pour mieux apprécier la magie du quotidien qu’on tient pour acquise. En écoutant autrement, on réalise davantage que des petites choses comme boire ou marcher sont loin d’être banales. Nous sommes, en fait, interreliés à un grand tout qui nous dépasse. Le fait d’en prendre conscience à travers une meilleure qualité d’écoute contribue à nous élever dans une dimension spirituelle.»
Certains petits bruits seront aussi traités en direct durant la représentation, d’où la présence sur scène d’un sonorisateur. «Il y a, entre autres, un moment où on fait chanter des verres.»
Quant à ses improvisations vocales, l’artiste précise qu’elles sont influencées par le chant classique occidental et le chant classique indien.
Cette expérience immersive d’environ 80 minutes se déroulera dans «le clair-obscur pour qu’on écoute davantage. La vue est notre sens dominant alors, nous allons diminuer l’éclairage», pour aider les spectateurs à se concentrer sur les sons.
«L’écoute n’est pas l’apanage des musiciens mais bien une posture éthique. Les limites de notre perception témoignent des carences de notre présence aux autres. C’est donc l’acte même d’écouter qui est au cœur de ce projet, ou comment notre qualité d’écoute transforme notre compréhension du monde.»
Murmure du vivant sera présenté à Sainte-Hilda, une ancienne église de l’avenue De Lorimier que Le Vivier, présentateur de la Semaine du Neuf, a aménagé en laboratoire d’expérimentation sonore. On se limitera à une quarantaine de spectateurs pour chacune des représentations qui auront lieu le 28 février et le 1er mars à 16h, ainsi que le 3 mars à 19h.
Les détails de la programmation de la Semaine du Neuf 2026 sont par ici.
*Photo d’accueil: une scène du spectacle Hide to Show que l’ensemble belge Nadar présentera dans le cadre de la 4e édition de la Semaine du Neuf.

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