Tristan et Isolde: un nouveau sommet au Festival de Lanaudière!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

La 48e édition du Festival de Lanaudière s’est terminée en apothéose, dimanche, avec la présentation d’une version concert de l’opéra Tristan et Isolde de Wagner, dirigée par Yannick Nézet-Séguin. D’une durée de 5 heures, cette unique représentation a attiré une foule nombreuse, fidèle au maestro montréalais qui sera d’ailleurs à la barre de cette œuvre mythique au Metropolitan Opera de New York, l’an prochain. En plus de réunir de réputés chanteurs wagnériens, dont Stuart Skelton et Tamara Wilson dans les rôles principaux, cet évènement mémorable a aussi permis à l’Orchestre Métropolitain et son Chœur de briller dans cette partition qui a marqué l’histoire de la musique.

Tamara Wilson et Stuart Skelton dans Tristan et Isolde au Festival de Lanaudière

Cet opéra en trois actes est la mise en musique d’un grand poème d’amour et de déchirements que Wagner avait lui-même écrit, d’après la légende médiévale celtique de Tristan et Iseut. On s’entend généralement pour dire que ce drame wagnérien est aussi inspiré, en partie, par l’amour de Richard Wagner pour la poétesse Mathilde Wesendonck.

Dès sa création en 1865, Tristan et Isolde a été reconnu pour son audace harmonique. Le tout premier accord de la partition, alors considéré comme déroutant, audacieux et innovant, est d’ailleurs nommé, encore aujourd’hui, l’«accord de Tristan». 

Le prélude du premier acte qui, à lui seul, dure environ 12 minutes, est devenu une célèbre pièce orchestrale à part entière.

Après cette entrée en matière instrumentale, on découvre le personnage d’Isolde, princesse d’Irlande, portée par l’Américaine Tamara Wilson. En plus de sa puissance vocale et de son prodigieux art des nuances, cette soprano est d’une intensité dramatique inouïe!

Le ténor Stuart Skelton dans Tristan et Isolde au Festival de Lanaudière

À ses côtés, le colossal Stuart Skelton en impose lui aussi en Tristan, neveu du roi Marke. Le ténor australien n’a toutefois pas réussi à cacher certains signes de fatigue vocale, notamment dans les aigus. Par contre, cet artiste qui a incarné Tristan au Metropolitan Opera en 2026 est un remarquable comédien! Les failles de sa voix ajoutent même de l’émotion à son personnage épuisé par le combat, au troisième acte.

Quant à Karen Cargill, suivante d’Isolde, sa présence scénique est étincelante! La mezzo-soprano qu’on a vue, l’an dernier, lors du concert d’ouverture de la saison de l’OSM, a même joué certaines scènes juchée au sommet d’une structure métallique de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay.

Parmi les autres grandes voix de cette distribution, on remarque le baryton Christopher Maltman qui est éblouissant en Kurwenal, alors que le sexagénaire Franz-Josef Selig demeure une basse impeccable en Roi Marke.

Enfin, les plus petits rôles sont interprétés de façon irréprochable par le baryton Sean Michael Plumb (Melot), ainsi que le ténor Matthew Cairns, et le baryton Geoffrey Schellenberg.

Tamara Wilson et Karen Cargill au Festival de Lanaudière

Même s’il s’agissait d’une version concert, on a su intégrer des éléments de mise en scène qui ont contribué à dynamiser le spectacle. On a vu, notamment, certains musiciens de l’OM mis en lumière aux extrémités de l’avant-scène, entre autres, à la fin du premier acte et au début du troisième.

Au moment opportun, le charismatique Yannick Nézet-Séguin a su faire rire la foule avec de délicates remarques incitant les spectateurs à presser le pas pour ne pas laisser les deux entractes s’éterniser. Bon prince, le maestro s’est tout simplement assis sur son podium, en attendant que les derniers retardataires regagnent leurs sièges.

Une édition d’un faste fou!

L’ambitieuse édition 2025 du Festival de Lanaudière a tenu ses promesses! Après un concert d’ouverture très couru où Rafael Payare et l’OSM ont interprété Carmina Burana, les mélomanes ont continué d’être gâtés durant un mois entier!

On ne soulignera jamais trop le travail remarquable du directeur artistique du festival Renaud Loranger. Établi en Europe, ce Lanaudois qui a notamment œuvré pour les maisons de disques Deutsche Grammophon et Pentatone a réussi, cet été, à nous ramener le prestigieux chef d’orchestre Leonardo García-Alarcón et ses musiciens et chanteurs, pour une fabuleuse représentation de l’opéra Le couronnement de Poppée de Monteverdi.

Festival de Lanaudière: «Poppée» triomphe malgré la pluie

On a aussi assisté, à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, à un événement vraisemblablement sans précédent au Canada, avec la présentation en deux concerts des oratorios de Mendelssohn.

Festival de Lanaudière: Mendelssohn au sommet!

En entrevue à BabillArt Montréal, en juin dernier, Monsieur Loranger a d’ailleurs souligné qu’il avait commencé à travailler, non seulement sur l’édition de l’an prochain, mais aussi sur les célébrations du 50e anniversaire du Festival de Lanaudière qui pourraient s’échelonner sur deux ans. À suivre…

Tristan et Isolde au Festival de Lanaudière

Tristan et Isolde, dirigé par Yannick Nézet-Séguin était présenté à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay, le 3 août 2025.

*Crédit photo: Gabriel Fournier

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