«Turandot»: l’opéra de Puccini présenté avec son nouveau dénouement, pour la première fois à Montréal

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

L’Opéra de Montréal ouvre sa saison 2026-2027 avec Turandot de Puccini, présenté dans une version au dénouement revisité.

Cette œuvre inachevée du maître italien est jouée, la plupart du temps, avec une conclusion qui a été écrite par Franco Alfano, après la mort du compositeur, en 1924.

Or, cette fin traditionnelle cède ici sa place à une partition d’une vingtaine de minutes de Christopher Tin, qui est notamment renommé pour ses musiques de jeux vidéo.

Ce vent de changement s’accompagne d’une refonte dramaturgique. Le livret de cette nouvelle conclusion est signé par Susan Soon He Stanton, célèbre scénariste de la série télévisée Succession, diffusée sur HBO.

Si Turandot demeure une princesse qui soumet ses prétendants à des énigmes au péril de leur vie, on découvre ici une femme marquée par des traumatismes, mais prête à briser le cercle vicieux des abus dont elle a souffert.

C’est ce qu’on nous a expliqué lors d’une répétition de Turandot mercredi, dix jours avant la première montréalaise de cette coproduction qui a été créée à Washington en 2024 et qui sera reprise à Dallas, en 2027.

Au troisième et dernier acte de la version traditionnelle de Franco Alfano, le prince Calaf donne un baiser à Turandot, ce qui brise instantanément la froideur de la princesse de glace. Dans cette nouvelle mouture, c’est la princesse qui embrasse le prince. Par ce baiser, on veut symboliser la transformation intérieure de Turandot, qui choisit délibérément de se guérir de ses anciennes blessures et de mettre fin à la spirale de la violence.

Une vitrine planétaire

Cette finale réinventée a déjà connu une vitrine planétaire aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026. Le patineur artistique japonais Yuma Kagiyama a décroché la médaille d’argent en exécutant son programme libre au son d’une version condensée de la nouvelle fin de Turandot, culminant sur une reprise de quelques mesures du célèbre air « Nessun Dorma ».

Turandot en répétition

Plus de 150 musiciens, chanteurs, danseurs et figurants sont de la mise en scène à grand déploiement de Francesca Zambello à l’esthétique rétrofuturiste.

L’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Paolo Arrivabeni, sera dans la fosse de la Salle Wilfrid-Pelletier. Sur scène, la soprano allemande Maida Hundeling incarnera Turandot et le ténor sud-coréen Andrea Shin prêtera sa voix au prince Calaf. À leurs côtés, la soprano canadienne Kirsten MacKinnon se glissera dans la peau de l’esclave Liù.

Clichés pris sur le vif lors de la répétition de Turandot à l’Opéra de Montréal, le 16 septembre 2026.

Turandot
Opéra de Puccini sur un livret de Giuseppe Adami et Renato Simoni. Acte 3 achevé par Christopher Tin, sur un livret de Susan Soon He Stanton.

Mise en scène : Francesca Zambello

Distribution: Maida Hundeling (Turandot), Andrea Shin (Calaf), Kirsten MacKinnon (Liù), Raymond Aceto (Timur), Nathan Keoughan (Ping), Rocco Rupolo (Pang), Angelo Moretti (Pong), Richard Margison (Altoum), Colin Mackey (Mandarin), ainsi que le Chœur de l’Opéra de Montréal et l’Orchestre Métropolitain, dirigé par Paolo Arrivabeni.

À la salle Wilfrid-Pelletier :

  • Le 26 septembre à 18 h
  • Les 29 septembre et 1er octobre à 19 h 30
  • Le 4 octobre à 14 h

Chanté en italien, avec surtitres en français et en anglais.

Présenté en coproduction avec le Washington National Opera et le Dallas Opera.

*Photo d’accueil prise par Cory Weaver : une scène de l’opéra Turandot, de Giacomo Puccini, présenté par le Washington National Opera, au Kennedy Center, en 2024.

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