Verdict 2: plein feu sur les deux côtés de la médaille!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Après le succès populaire et critique de Verdict, en 2022, les productrices Luce et Lucie Rozon présentent une nouvelle mouture de ce spectacle avec Paul Doucet et Sonia Vachon qui, elle, succède à Marie-Thérèse Fortin. Ces comédiens font renaître des plaidoiries de procès marquants de l’histoire du Québec, dont celui opposant la communicatrice Sophie Chiasson à l’animateur de radio Jeff Fillion.

À travers quatre causes historiques, cette pièce met en lumière des questions brûlantes d’actualité dont, l’atteinte à la réputation, la détresse des proches aidants et la violence conjugale.

Ce qui fait pencher la balance

La scène se transforme en un tribunal dont le décor est dominé par la projection d’une statue de Thémis, déesse grecque de la justice. Au niveau de ses yeux bandés pour symboliser l’impartialité, on projette certains éléments clés des plaidoiries en cours.

À l’aide d’archives audio ou vidéo, on plonge dans des procès qui ont transformé nos mentalités. On voit apparaître sur écran, entre autres, le caporal Denis Lortie, auteur d’une tuerie à l’Assemblée nationale, en 1984.

Ce geste, à prime abord indéfendable, sera analysé en profondeur. Peut-on tenir pour responsable un homme en proie à une psychose? La maladie mentale atténue-t-elle la responsabilité criminelle? Ce sont là des facteurs qui ont fait pencher la balance.

Paul Doucet est une fois de plus magistral dans ses plaidoiries très senties! Sonia Vachon est elle aussi convaincante et ses effets de toge ajoutent du piquant à cette mise en scène simple et efficace de Michel-Maxime Legault, avec Pierre Bernard à la direction artistique.

Les textes sont limpides, grâce au travail méticuleux de Nathalie Roy et Yves Thériault qui ont su adapter les plaidoyers captivants de ce spectacle d’un peu moins de deux heures incluant un entracte.

Paul Doucet dans la pièce Verdict 2 / Crédit: Karl André

Alors que la loi sur l’aide médicale à mourir est entrée en vigueur en 2015, au Québec, on réalise tout le chemin parcouru depuis l’époque où Michel Cadotte avait tué son épouse Jocelyne Lizotte, atteinte d’Alzheimer.

Monsieur Cadotte avait posé ce geste en 2017, pour abréger les souffrances de sa conjointe, dont les premiers symptômes étaient apparus une dizaine d’années plus tôt. Hospitalisée depuis 2013, la dame ne pouvait pas bénéficier de l’aide médicale à mourir, car elle n’était plus apte à y consentir et elle n’était pas en fin de vie.

Cette triste histoire soulève des questions qui nous interpellent. Jusqu’où un proche aidant peut-il aller pour soulager la souffrance? Un geste posé par compassion peut-il être néanmoins considéré comme un crime?

Le public devient jury

La deuxième partie du spectacle est entièrement consacrée au procès de Madeleine Beaulieu qui a abattu son mari alors qu’il dormait dans leur maison à Montréal, à la fin des années 1990. Accusée de meurtre prémédité, cette femme a fait valoir qu’elle avait agi en légitime défense, convaincue que si elle n’avait pas tué son époux, c’est lui qui aurait fini par l’assassiner.

Après avoir entendu les arguments des avocats de la défense et de la poursuite, on donne 60 secondes aux spectateurs et spectatrices qui s’amusent à se prononcer sur cette affaire. Pour ma part, il me semble que c’est un sujet trop grave pour demander à l’assistance de jouer au jury. Mais, il est clair que le public raffole de ce moment qui vient clore un spectacle divertissant où l’on est incité à réfléchir de début à la fin.

Paul Doucet et Sonia Vachon dans Verdict 2 / Crédit: Karl André

Verdict 2 poursuit sa tournée et sera de retour à Montréal pour des représentations supplémentaires:

-Au Théâtre Outremont, le 25 avril 2026, à 19h

-Au Studio-Cabaret de l’Espace St-Denis, le 1er novembre 2026, à 14h.

Voir les dates de la tournée de Verdict 2, ici.

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