Vincent Vallière au MTelus: la force tranquille d’un batailleur optimiste

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Plus d’un quart de siècle après avoir fait ses premiers pas dans le domaine du spectacle, Vincent Vallières n’a rien perdu de sa fougue juvénile. On a pu le constater, dès son entrée en scène, jeudi soir, dans un MTelus rempli d’admirateurs qui connaissent ses chansons par coeur. Comme s’il retrouvait un groupe d’amis, notre hôte a ouvert le bal avec une évidence: Le temps passe, un titre de 2003 qui a des allures de bonne nouvelle printanière sur les rythmes folk-rock de cet éternel optimiste:

«Ma peine est légère loin de tous mes travers / Loin de tous mes travers et je sors de l’hiver / Nus pieds dans l’abysse je vis sans artifice / Sans but et malice tant que l’air est gratis»

Vincent Vallières au MTelus / Crédit: Rose Cormier

Tout l’homme est là avec sa simplicité, son autodérision et son bonheur de communiquer, même lorsqu’il se fait tard au Café Lézard, fleuron de son album de 2006.

Blagueur, malgré ses inquiétudes face aux guerres qui secouent notre époque, le quadragénaire assume tout: «Je suis un trippeux Un têtu Un rêveur Un perdu», confesse-t-il, sur le rythme vitaminé de Lancer des flèches au soleil, une pièce de son dernier album. À la fois tiraillé et serein, il poursuit: «Je suis un fils Un frère Un père Un chum Un bum».

Chose certaine, le père Vallières vit une belle complicité sur scène avec sa fille Lili-Rose qui se joint à lui, entre autres, pour le duo Dessine-moi, un véritable ver d’oreille!

Musicalement, cet héritier de la noble tradition chansonnière est entouré d’une équipe de rêve. Même son complice de longue date, le bassiste Michel-Olivier Gasse viendra faire son tour de piste, aux côtés d’André Papanicolaou à la guitare, Jay Essiambre à la batterie et Amélie Mandeville, la bassiste qui est directrice musicale de l’émission Belle et Bum.

À tout ce beau monde s’ajoute Salomé Leclerc. L’auteure-compositrice-interprète qui a lancé plusieurs albums en une vingtaine d’années de carrière agit comme guitariste et choriste dans le spectacle de Vallières qui accueille aussi la chanteuse inuk Beatrice Deer, le temps d’un duo.

Vincent Vallières et les musiciennes du Quatuor Esca / Crédit: Rose Cormier

Malgré le cynisme ambiant dont regorgent les réseaux sociaux, Vallières a un côté sentimental qui touche encore droit au cœur. D’ailleurs, on a vu des couple se serrer très fort durant toute la chanson L’amour c’est pas pour les peureux et surtout en écoutant, les larmes aux yeux, On va s’aimer encore, magnifiée par le quatuor à cordes Esca.

Ces moments de communion sont entrecoupés de coups de gueule, car l’auteur-compositeur de Pas à vendre a toujours son franc-parler. Il se désole, entre autres, que des salles de spectacle portent des noms de compagnies, comme par exemple le MTelus qui demeure à ses yeux le Métropolis. «Ce lieu est un temple! Ça nous appartient!», renchérit-il, en se réjouissant que la chanson francophone ait encore sa place sur cette scène emblématique de Montréal.

Témoin critique de son entourage, il souligne l’usage souvent galvaudé du mot «courage» dans notre société parfois pleurnicharde. De son point de vue, le courage, c’est entre autres ce qu’ont vécu les travailleurs québécois de l’amiante, en 1949, lors d’une grève considérée comme un point tournant de notre histoire. Difficile de rester insensible devant sa vibrante interprétation d’Asbestos, l’un des plus puissants titres de sa discographie.

À travers ses élans patriotiques, celui qui nous observe À hauteur d’homme, sait nous rappeler nos origines en chantant les siennes: «Je viens d’un peuple de travailleurs Je viens d’un père qui se lève à l’heure Ma mère coupait les cheveux Pis exigeait que je fasse de mon mieux». C’est avec cet hymne à la droiture que se termine cette soirée trop vite passée!

Longue vie à Vallières, philosophe du quotidien et à ses chansons qui ne cessent de nous révéler à nous-mêmes!

Vincent Vallières poursuit sa tournée à travers le Québec; voir les dates, ici.

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