Virée classique 2025: le public au rendez vous!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Des festivaliers de tous âges, incluant de nombreuses familles, étaient au rendez-vous, en ce samedi, pour la 12e édition de la Virée classique. Que ce soit au Complexe Desjardins ou sur l’Esplanade tranquille, des foules considérables étaient à l’écoute des invités de l’OSM et de son chef, Rafael Payare qui, lui, a dirigé trois concerts à la Maison symphonique!

«Le carnaval des animaux» dansé

Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, interprété par l’Ensemble Obiora, sous la direction de maestro Payare, a captivé, notamment, les enfants, émerveillés de voir le danseur Charles Brecard s’approprier les différents numéros de l’oeuvre.

Charles Brecard danse Le Carnaval des animaux

D’entrée de jeu, l’artiste se lance avec ardeur dans la Marche royale du lion, puis il nous fait bien rigoler avec sa gestuelle adaptée à Poules et coqs, ou alors aux Personnages à longues oreilles. Originaire de Nouvelle-Calédonie ce performer, un brin cabotin, décrit son approche comme étant un mélange de danse traditionnelle, contemporaine et de «street dance». Chose certaine, avec ses élans parfois épiques, cet amuseur a su imprégner de son originalité les Tortues, L’Éléphant, sans oublier Le Cygne.

Musicalement, on a eu droit à un Obiora des grands jours! L’ensemble, formé de musiciens issus de la diversité culturelle, a réuni plus de 20 instrumentistes pour l’occasion dont les époustouflants pianistes Jerome de los Santos et John Kofi Dapaah.

Au programme de ce concert présenté à 14h 30, à la Maison symphonique, on a aussi joué Irish Dance Suite, une pièce du compositeur américain Quinn Mason qui était d’ailleurs présent dans la salle. Malheureusement, ce morceau ne m’a pas semblé apporter grand chose au style musical qui était en vogue il y a une trentaine d’années à travers, notamment, le spectacle Riverdance.

Cette composition, souvent moelleuse comme de la guimauve, était accompagnée de projections de dessins (?) de l’illustratrice Kaiatanoron Dumoulin Bush. Ce gribouillis auquel s’ajoutait progressivement des taches brunâtres m’a paru indéchiffrable!

Pressés d’applaudir…

Avant de retrouver l’OSM dans La symphonie «Pastorale» de Beethoven, à 21h, à la Maison symphonique, Payare a dirigé son orchestre, à 18h 30, dans «Mozart et Elgar: métaphores amoureuses», l’un des programmes phares de cette 12e édition de la Virée classique.

Martin Helmchen avec l’OSM, à la Maison symphonique, le 16 août 2025

D’une part, Martin Helmchen a interprété l’intense Concerto pour piano no. 24, de Mozart, une œuvre en trois mouvements qui se termine sur un thème évoquant une marche funèbre.

Ce renommé pianiste allemand a une sonorité affirmée, voire percussive. On a parfois l’impression qu’il frappe les touches en profondeur, sans pour autant être brutal.

Il nous éblouit dès les premières mesures de l’Allegro, une partition d’une grande complexité, dont les nuances se révèlent à travers son toucher changeant.

Mais voilà, ce splendide voyage musical d’une trentaine de minutes est malmené par un public qui s’entête à applaudir après chacun des mouvements.

Même si le violon solo de l’Orchestre symphonique de Montréal, Andrew Wan, a pris la parole, en début de concert, pour demander aux spectateurs de réserver leurs applaudissements pour la fin, rien n’y fait!

Le même désagréable scénario se répète durant le cycle de mélodies Sea Pictures, d’Edward Elgar, interprété par l’Écossaise Beth Taylor, en deuxième partie de ce concert. Cette mezzo-soprano possède à la fois un registre aigu éclatant et un registre grave, doux, ce qui est une combinaison d’atouts remarquable. Son interprétation de Sea Pictures fut grandiose!

Comme son titre l’indique, cet ensemble de poèmes nous transporte dans l’univers de la mer. Les cinq textes signés par autant d’auteurs ont aussi une portée spirituelle qu’on peut apprécier pleinement dans un esprit de recueillement. L’auditoire a plutôt applaudi chaque mélodie, un peu comme dans un spectacle de musique populaire. Dommage!

Beth Taylor et Rafael Payare, à la Maison symphonique, le 16 août 2025

La Virée classique se poursuit

Deux autres concerts en salle sont à l’affiche, en ce 17 août, dans le cadre de la Virée classique. La chanteuse Beth Taylor se produira avec la pianiste Esther Gonthier, à 13h 30, à la Cinquième salle. Au programme, notamment, des oeuvres de Robert Schumann, Lili Boulanger, Brahms et Britten. D’autre part, Payare et l’OSM vont jouer Les planètes de Holst à la Maison symphonique, à 15h.

Plusieurs activités gratuites sont aussi offertes en ce dimanche. Entre autres, Simon Rivard dirigera le Chœur de l’Alliance chorale du Québec à 13h au Complexe Desjardins et à 15h30 sur l’Esplanade Tranquille.

Les détails de la programmation de la Virée classique sont ici.

Crédit photo: Antoine Saito / Photo d’accueil: Marc-Yvan Coulombe

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