Wynton Marsalis et le JLCO brillent au Festival de Jazz de Montréal-2025

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Le légendaire trompettiste et compositeur américain Wynton Marsalis et le Jazz At Lincoln Center Orchestra ont donné le coup d’envoi, mercredi soir, de la 45e édition du Festival international de jazz de Montréal. Juste avant que les premières notes de la soirée résonnent, le directeur artistique du festival, Maurin Auxéméry, a brièvement pris la parole pour souligner que ce qu’on allait entendre était «probablement ce qu’il y a de mieux dans le genre sur la planète!» Chose certaine, les 90 minutes de musique de haut vol qui ont suivi ont séduit les festivaliers!

D’entrée de jeu, le public qui remplissait la Maison symphonique a écouté presque religieusement Black Codes (From the Underground), la pièce titre d’un des célèbres albums de Marsalis, paru il y a 40 ans et couronné de deux prix Grammy. Cette musique s’apparente au jazz acoustique qui régnait au milieu du XXe siècle, longtemps avant l’arrivée du jazz fusion.

En plus d’interpréter certains solos, cette figure emblématique du jazz américain présente avec fierté ses musiciens appelés tour à tour à jouer en solo, à mesure que la soirée avance. D’ailleurs, des mélomanes étaient assis sur le bout de leur siège pour mieux savourer les performances de ces virtuoses!

Fondé en 1988 et dirigé par Wynton Marsalis depuis 1991, l’orchestre a plusieurs cordes à son arc. En plus de se produire au Lincoln Center, ainsi qu’en tournée aux États-Unis et à l’étranger, ces musiciens visitent aussi des écoles. Reconnu à l’échelle planétaire, le JLCO a notamment accompagné Wynton Marsalis sur son album Blood on the Fields qui a remporté un prix Pulitzer, en 1997.

Parmi les temps forts de la soirée, on note l’interprétation presque méditative de la pièce Alabama de John Coltrane. La ligne mélodique de ce morceau, enregistré pour la première fois en 1963, aurait été inspirée des inflexions rythmiques d’un discours de Martin Luther King.

La foule s’est aussi montrée très réceptive à l’hommage rendu au regretté Oscar Peterson, «l’une des plus grandes figures du jazz», a souligné Monsieur Marsalis. Les visiteurs américains ont alors joué March Past, une pièce de la Canadiana Suite; cette oeuvre composée et enregistrée par le pianiste montréalais est parue en 1965.

La majeure partie du programme de ce 25 juin était instrumentale, avec quelques titres chantés, dont Yes Sir, That’s My Baby, enregistrée notamment par Gene Austin, l’un des premiers crooners américains.

La rigueur et le swing de Wynton Marsalis et son orchestre m’avaient ébloui, lors de leur concert à la Salle Wilfrid-Pelletier en 2022 mais, il est évident que leur musique resplendit encore davantage à la Maison symphonique!

«Discussion avec Wynton Marsalis»

Âgé de 63 ans, Wynton Marsalis s’apprête à vivre un autre moment marquant de sa carrière. En effet, il s’envolera bientôt pour l’Allemagne où son Concerto for Orchestra sera joué pour la première fois en public par le WDR Symphony Orchestra de Cologne.

Né à La Nouvelle-Orléans dans une famille de musiciens célèbres, dont son père le pianiste Ellis Marsalis Jr. et son frère, le saxophoniste Brandford Marsalis, le trompettiste fait carrière depuis 45 ans. On pourra d’ailleurs en apprendre davantage sur ce monstre sacré qui sera en conversation avec les saxophonistes Alexa Tarantino et Chris Lewis, dans le cadre du FIJM. Cet événement intitulé «Discussion avec Wynton Marsalis» aura lieu au Théâtre Jean-Duceppe, aujourd’hui, 26 juin, à compter de 18h.

Le Festival international de jazz de Montréal se poursuit jusqu’au 5 juillet.

Crédit photo: Émanuel Novak-Bélanger

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