«Yannick dirige Les Planètes»: un lancement de saison cinq étoiles pour l’OM!

Marc-Yvan Coulombe / BabillArt Montréal

Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain ont réussi leur pari haut la main avec leur concert d’ouverture de la saison 2026-2027, alors que la Maison symphonique était remplie du parterre au balcon! Les mélomanes étaient venus surtout pour écouter Les Planètes de Holst, mais ils se sont également laissé éblouir par la virtuosité d’Antoine Tamestit dans le Concerto pour alto de Walton. Le public est aussi tombé sous le charme d’une création de la compositrice anishinaabekwe Barbara Assiginaak, «inspirée par le ciel étoilé», qui s’est avérée une judicieuse entrée en matière à ce voyage musical céleste.

«Yannick dirige Les Planètes», à la Maison symphonique

De la fureur de Mars au silence de Neptune

On ne le répétera jamais trop, la chaleur humaine et les talents de communicateur de Yannick Nézet-Séguin transforment les concerts de l’OM en rencontres conviviales avec le public. En ce 20 septembre, où la foule enthousiaste semblait même avoir oublié les multiples entraves routières qu’elle a dû traverser pour se rendre au concert, le maestro enjoué nous a résumé avec conviction sa vision de cette œuvre en sept mouvements correspondant chacun à une planète du système solaire.

Le premier morceau – Mars, the Bringer of War – évoque la guerre qui est toujours bien présente à notre époque, alors «on ne se gênera pas» pour faire entendre cet univers belliqueux, résume le chef.

Parole donnée, parole tenue. Les percussions, entre autres, sont spectaculaires dans cette interprétation de l’Orchestre Métropolitain où les contrastes de la partition sont dosés avec l’exactitude qu’on recherche dans les séances d’écoute d’audiophiles!

Grâce à la mise en garde amicale de Yannick, on passe d’une planète à l’autre sans applaudissements, ce qui contribue largement à la magie de cette odyssée. S’il est vrai que plusieurs parties de l’œuvre sont moins spectaculaires comme – Venus, the Bringer of Peace –, ce poème symphonique, composé entre 1914 et 1917, demeure fascinant jusqu’à la fin.

La foule était d’ailleurs remarquablement silencieuse lorsque les voix féminines du Choeur Métropolitain, en coulisses, se sont glissées sur Neptune. Après un départ hésitant, ces choristes nous ont offert un moment en apesanteur, comme si leurs voix s’évanouissaient au loin, jusqu’à ce que la musique se confonde avec le silence.

Échos de la voûte céleste

Il y avait une filiation naturelle entre l’œuvre emblématique de Holst, pièce de résistance du concert et la création de Barbara Assiginaak: Shpiming Nangokaa (Haut dans le ciel, il y a beaucoup d’étoiles).

Habile orchestratrice, la compositrice semble tisser des liens entre l’immensité de la voûte céleste et des murmures plus terre à terre de la nature. En faisant dialoguer les bois et les cordes avec un pupitre de percussions particulièrement riche, sa partition d’une dizaine de minutes nous plonge dans un état de contemplation.

L’auditoire a d’ailleurs chaleureusement ovationné la musicienne, invitée à monter sur scène par Yannick Nézet-Séguin, qui a qualifié cette pièce de «chef-d’œuvre».

Virtuosité et mélancolie

Cela dit, le sommet de ce concert, autant en ce qui a trait à la virtuosité qu’à l’émotion, revient sans doute à Antoine Tamestit. Ce maître de l’alto a fait revivre avec brio le Concerto de William Walton, écrit en 1929. Rappelons que ce compositeur britannique a dédié cette œuvre douce-amère à une femme avec qui il entretenait une amitié platonique.

Avec sa maîtrise technique sans faille, le musicien français a navigué avec une aisance éblouissante entre la mélancolie voilée des élans lyriques et le ton vigoureux, presque jazzé, des mouvements plus rapides.

En guise de bis, l’artiste nous a remués avec son interprétation de Flow, my tears, de John Dowland. Cette envoûtante mélodie de la Renaissance, accompagnée à la harpe par Robin Best, fut un moment particulièrement lumineux dans cet après-midi de grâce dominicale!

Antoine Tamestit, altiste et Yannick Nézet-Séguin

Yannick dirige Les Planètes

Programme – Barbara Assiginaak : Shpiming Nangokaa (création). William Walton : Concerto pour alto. Gustav Holst : Les Planètes.

Distribution – Antoine Tamestit (alto), Chœur et Orchestre Métropolitain, dir. Yannick Nézet-Séguin.

Lieu et date – Maison symphonique, le dimanche 20 septembre 2026.

*Crédit photos: François Goupil

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